9 au 18 décembre 2022

Dans le cadre du spectacle Ollie, des œuvres du photographe Fred Mortagne seront exposées dans le foyer du Théâtre Am Stram Gram.

Skater: Charles Collet

Quand on leur demande de déguerpir d’une rue ou d’une place publique, la même éternelle question revient à l’oreille des skateboarders: “Vous ne savez pas qu’il y a un skatepark?

Bien que bénéfique au développement des compétences et à la création d’un espace non perturbé, l’environnement créé à cet effet ressemble davantage à un terrain d’entraînement, semblable à un mur d’escalade intérieur. Ce que le grimpeur aventureux aspire à faire, c’est de mettre ses compétences à profit pour expérimenter la conquête de la paroi rocheuse naturelle d’une montagne isolée, ou pour traverser un paysage presque jamais imaginé ni osé. Et pour le skateur de rue, ce n’est pas différent.

En sortant du skatepark, pour évoluer dans l’architecture de la ville, il passe d’un acte de talent et de performance à une expérience spatiale impliquant les places, les rues, le mobilier urbain et les bâtiments. Le skateboard devient alors un outil permettant de découvrir de nouvelles façons de faire appel à l’architecture, de la réinterpréter et de la détourner de sa fonction première. L’espace urbain se transforme ainsi en terrain de jeu offrant des possibilités illimitées pour la pratique du skateboard. Seul deux facteurs peuvent restreindre les skateurs : leur capacité physique, et leurs limites créatives.

Dans l’espace urbain, la créativité des skateurs est constamment sollicitée. Ils se ré-approprient l’architecture pour libérer les opportunités cachées. Ils jouent avec la diversité de ses formes et de ses matériaux. Là où les passants ne voient que des éléments d’architecture inertes et immaculés, pour les skateurs, leur activation est plus importante que leur conservation primitive. La ville n’est pas un musée, et elle doit être pensée pour être utilisée. Pourtant elle n’est pas conçue comme un espace ludique. Or le jeu, faisant appel à la créativité, est primordial pour le développement des individus. Là où l’on ne voit que nuisances, le skateboard permet en réalité de palier aux propositions aseptisées des urbanistes, de devenir un acteur de la ville, plutôt qu’un simple utilisateur passif et télé-guidé. La notion de ville récréative reste encore un concept séduisant, une utopie, hormis pour les adeptes de la planche à roulettes, qui, non sans friction avec les pouvoirs publics et les autres usagers de la ville, transforment intuitivement la ville en espace de jeu, depuis voilà bien longtemps.

Le skateboard est un formidable catalyseur d’énergie et de créativité, et le monde extérieur commence à le percevoir. La phrase chargée de mépris “allez jouer ailleurs !” a résonné dans mes oreilles un nombre incalculable de fois, mais finalement, c’est certainement, l’une des meilleures choses que le skate m’ait apportée : favoriser une exploration sans limites de la ville, et plus largement du monde, et ainsi profiter de toutes ses richesses et de sa diversité, qui sont autant d’atouts pour élargir le regard sur la vie, afin de mieux lui donner de sens.

Fred Mortagne

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